Portrait de femme, dite la Donna Velata de Raphaël analyse du tableau

Опубликовано: 23 Июль 2026
на канале: bac2philo
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Portrait de femme, dite la Donna Velata de Raphaël (analyse du tableau).

S’il ne fait aucun doute que le portrait dit “de la Fornarina” représente Margherita Luti, fille du boulanger Francesco de Sienne, à laquelle Raphaël a voué un amour brûlant, il est seulement probable que cet autre portrait ait été inspiré au peintre par la même jeune femme. La grande pudeur de la tenue et la pose du sujet distinguent certes ce très chaste portrait de l’image dénudée que Raphaël proposera deux ans plus tard de sa maîtresse. Mais les traits du visage, dont la rondeur trahit le jeune âge du modèle, présentent de sérieuses similitudes avec ceux de la Fornarina.
Certains critiques ont vu dans cette œuvre un équivalent féminin du portrait de Balthazar Castiglione, réalisé deux ans plus tôt. Cadrées de façon semblable, avec des dimensions sensiblement équivalentes, les deux œuvres présentent leur sujet dans une même posture, visage de face et buste de trois quarts. Au-delà de ces ressemblances structurelles, Raphaël y fait montre d’une même virtuosité dans la diversification des tons qu’il utilise : tons verts dans Balthazar Castiglione, tons dorés dans cette Donna Velata qui semble nous fixer de toute la puissance de son beau regard.
La toile (également dénommée La Velata) représente une femme vêtue d'un costume opulent et recherché. Le premier plan du tableau est occupé par la manche de cette robe très raffinée : c'est un véritable bouillonnement de plis où la lumière s'amuse à inventer des reflets qui s'échelonnent du doré au blanc-crème. La main posée sur son sein comme pour retenir les deux coins de son corset, la jeune femme semble regarder vers nous, mais son regard lointain et pensif établit une certaine distance. Les cheveux parfaitement peignés, le collier et le long voile fin qui couvre sa tête concourent à établir une parfaite harmonie : sans doute l'harmonie est-elle d'ailleurs ici, davantage que la jeune femme, le véritable protagoniste du tableau. On est frappé en effet par la justesse des choix chromatiques qui jouent sur une gamme de tons allant du blanc au beige clair en passant par le doré et qui s'accordent avec l'expression du modèle. On est également frappé par l'harmonie qui existe entre le caractère formel du tableau et la vérité sentimentale et humaine du personnage. Avec sa maestria habituelle, Raphaël nous fait la démonstration d'un de ses grands principes esthétiques : il lui fallait pour dépeindre une belle femme observer plusieurs beautés, sélectionner ensuite en chacune ce qu'il y avait de plus admirable, rassembler ces éléments et composer enfin une image parfaite. Mais, ajoutait Raphaël, lorsque les belles femmes manquent, «je me sers de l'idée qui me vient alors en tête ». Malgré son caractère fortement idéalisé, l'image représente de façon exacte, et donc vraisemblable, l'aspect physique de cette jeune femme « voilée » dans laquelle les contemporains du peintre ont cru reconnaître la femme dont il était épris.