Les grands chantiers de l'inamovible président Poutine.
De notre correspondant à Moscou
À quelques heures seulement de l'investiture présidentielle de Vladimir Poutine, l'incertitude régnait encore à Moscou dans une capitale placée en état de haute tension. Élu triomphalement le 18 mars dernier avec 76 % des suffrages, le chef du Kremlin se verra adouber pour la quatrième fois pour un nouveau mandat de six ans, dix-huit ans après son premier sacre de 2000, le dotant ainsi de la plus grande longévité politique derrière Staline.
La scène aura un air de déjà-vu même si Vladimir Poutine se dispensera, cette fois, de traverser les rues désertes de Moscou jusqu'à la place Rouge dans une limousine noire à vitres fumées. En 2012, alors qu'il était formellement premier ministre, l'image du cortège solitaire avait déplu, si bien que l'actuel président devrait rester derrière les murailles de son palais. Tout comme il y a six ans, plusieurs milliers de manifestants ont protesté samedi dans tout le pays avec 1 600 interpellations à la clé démontrant, s'il en était besoin, que la route de Vladimir Poutine ne sera pas dégagée.