Mali : La marche du 5 juin 2020

Опубликовано: 12 Июль 2026
на канале: LA VOIE DU PARDON
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Vendredi 5 juin, à l'appel de l'influent imam Mahmoud Dicko, des milliers de Maliens confrontés quotidiennement aux difficultés socio-économiques, à la mauvaise gouvernance et à une situation sécuritaire fortement dégradée viendront manifester place de l'Indépendance à Bamako pour exiger la démission du président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta. Issa Kaou Djime, bras droit de l'imam Dicko, coordinateur général et figure montante de la CMAS (Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l'imam Mahmoud Dicko), une organisation politique qui soutient l'imam et capitalise sur son leadership et sa capacité à fédérer pour se poser en troisième voie dans l'arène politique malienne, explique au Point Afrique les tenants et les aboutissants de cette troisième démonstration de force qu'il espère aussi efficace que la précédente tenue il y a près d'un an et qui appelait à la démission du Premier ministre de l'époque, Soumeylou Boubèye Maïga.


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Le Point Afrique : Vous appelez à une grande marche ce vendredi pour exiger la démission du président IBK. Pourquoi réclamez-vous son départ et ne craignez-vous pas de mettre le feu aux poudres ?

Issa Kaou Djime : Le président de la République est le gardien de la Constitution malienne, le garant de l'unité nationale et de l'intégrité du territoire, il doit faire respecter la loi, il est le président de la République, le chef suprême. Tout repose sur lui et il doit être le recours et l'arbitre à la fois. Quand IBK est arrivé aux affaires, le Mali souhaitait négocier avec la rébellion touareg, l'armée à cette époque était à Kidal, il y avait là-bas les banques, tous les services centraux de l'État, c'était l'accord de Ouagadougou, mais IBK a dit qu'il ne voulait pas négocier avec des hommes en arme. Il a voulu rentrer de force à Kidal, ça a dégénéré et l'État a tout perdu. Il a fallu aller voir le président mauritanien à l'époque pour essayer d'instaurer un dialogue qui nous a menés à l'accord d'Alger sur lequel le Mali a perdu du terrain. En cinq ans de cet accord qui était prévu pour six mois, rien n'a été réglé.

De même, au centre du pays, quand il est arrivé, il n'y avait aucun problème, aujourd'hui dans le Centre, l'État n'existe presque plus et c'est presque la guerre civile. Dans beaucoup d'endroits du pays, les écoles sont fermées et ça ce n'est pas qu'à cause du terrorisme. Regardez la gouvernance, tous les scandales qui ont éclaté sous son régime : il y avait plus de 1 300 milliards pour la programmation militaire, l'argent a été détourné, l'affaire des engrais frelatés, l'avion présidentiel dont on ne sait toujours pas quel est le vrai montant, l'argent de l'APCAM qui a été détourné. Les personnes qui devaient être poursuivies ne l'ont pas été. Le peuple n'avait plus qu'un seul recours, les élections, mais là aussi les choses ne se sont pas fait de façon régulière. Donc vendredi sera un référendum, si le peuple sort par million, la communauté internationale, les PTF verront qu'IBK n'est plus légitime, que le peuple lui a tourné le dos, ils devront soit être avec le peuple, soit avec ce régime qui est corrompu. IBK est le problème du Mali et la solution est son départ.