Excellento - L'appartement

Опубликовано: 15 Август 2026
на канале: Excellento
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Dernier morceau de MOITE ! L'enfermement, ensevelit et enlisé dans ce qui devait être un chez soi... Ah c'est tragique.

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Enregistré et mixé par Arthur Lauth
Masterisé par Masterlab Systems
Visuel par Hugo Bouveret
Photo par Wolf.otographe

Comme la table est pleine de papier calciné
Je vais tout faire glisser par terre
Tant pis pour mon bras encore trempé
Je suis pas né de la dernière douche
Il faut bien parfois que l’hygiène perde la bataille
Sans ça je connaîtrais pas tant de mouches
Et y’aurait personne pour butiner les restes de vieilles grailles

Comme le sol est couvert de cendres humidifiées
A la surface de la flotte je vais tout faire dériver
Jusque sous le canapé
Les vapeurs du lagon m’invoquant le souvenir de mille et cent douceurs
Principalement culinaires toujours à base de beurre
Je fais tenir les paupières au possible
Et quand vient la salive tout pourrait être comestible

De travers en travers le vis à vis les voisins me regardent
Les saluant de la main gauche
Qu’un cloporte grimpe
En face les visages se fardent
De grimaces étonnantes exagérées
Comme pour démontrer comment leurs muscles faciaux peuvent être performants
Et c’est clair qu’y’a de quoi se forger une carrière dans l’expression du dégoût et de l’étonnement

Encore un cafard perdu dans un ours en guimauve enrobé de chocolat
T’façons les confiseries ça fait mal aux dents
ça fait des trucs dans la bouche
Qu’on voit rarement au cinéma
Peu à peu inondé d’une substance semi-aqueuse frémissante boueuse peuplée d’une faune décadente
J’y laisse infuser mes nerfs comme un dernier espoir de faire naître une saveur quelque part

Comme mon corps est couvert de poissons d’argent affamé
Rassurant de le savoir dépourvu de graisse et sa chaire maladroitement assaisonné
ça sera un plaisir pour personne le goût de charbon aux hormones
N’être pour un cannibale que le dernier recours frugal m'apaise
Je me réchauffe à la lueur des braises
Où jadis gisaient les polar et les tranche-spleen de Paul Eluard

De travers en travers le vis à vis
Les voisins me regarde pas
D’un air attendri
On sent leurs cœurs qui paniquent et le sang qui s’agite dans les veines
On sent que le temps se dilate comme s’il retirait ses bas de laine
Les regards noirs ont la gâchette facile
Dans ce quartier réputé sage
Les judas se portent en monocle
ça arrondit la crasse incrustée sur les visages

Comme le gaz envahit la pièce
Que mon cerveau peine à s’oxygéner
Et qu’il me reste une allumette
C’est peut-être que je vrille mais
Il me vient une idée
Je vais faire bouillir de l’eau voir si elle capable de disparaître plus que moi
Qui rira bien rira
Qui périra n’aura qu’un rire
Pour finir et
S’en ira

Chant : Arthur Naudin
Guitares : Yoann Charrais
Basse : Yann Morel
Batterie : Mael Tassel