16.08
Au petit matin, nous sommes éveillés par les cris d’un porc qu’on égorge.
Nous devons aujourd’hui franchir la frontière entre le Tibet et le Népal. Nous nous rendons à pied jusqu’au poste frontière. En chemin, nous croisons la carcasse du cochon égorgé.
Tous ceux qui ont une expérience de la Chine nous ont indiqué que les douaniers chinois étaient peu coulants et ne plaisantaient guère. Nous faisons la queue au poste frontière qui ouvre à 9h30. Dans la file, les commentaires vont bon train sur l’absence de compréhension des douaniers, notamment, deux Suisses parlent de leur intransigeance au regard des objets anciens. Mon épouse et moi versons alors dans l’angoisse, et faisons un peu d’auto allumage craignant qu’une pipe ancienne que nous avons achetée ne nous attire de gros ennuis. Nous ne pipons mot. Chaque touriste est appelé au bureau de douane et attend derrière une ligne que son passeport soit vérifié. Cela passe plutôt vite et notre tour arrivant nous passons comme les autres. Les bagages sont dans les 4X4 qui passent une chicane à tour de rôle et sont arrêtés au hasard. Le nôtre ne l’étant pas nous commençons à mieux respirer lorsque nous remontons dedans. Nous poussons un cri de soulagement : « Hi Pipe Pipe Hourra ! »
Les chauffeurs des voitures nous conduisent un peu plus loin et nous indiquent qu’il nous faut traverser à pied une sorte de no man’s land entre les deux pays, long d’à peu près deux kilomètres d’une route tortueuse et pas carrossée du tout. A l’ouverture des coffres une nuée de porteurs se proposent pour prendre nos bagages. Le chef de meute nous indique que cela fait trois dollars pour deux bagages. La plupart des membres du groupe accepte par contre 6 touristes économes décident de porter eux-mêmes leur bagages. Ainsi, sur une « chaussée » défoncée où les valises ne peuvent rouler, au milieu d’une foule de traîne-misère dans une circulation de camions qui nous empestent, les uns porteront leur croix tandis que d’autres (nous) seront tout entier à la contemplation de ce spectacle étonnant. Après le passage du poste frontalier Népalais où l’on demande un nouveau visa d’entrée, nous montons dans un bus qui n’a pas pris le temps d’opérer un demi-tour pour se mettre dans le sens de la marche vers Katmandu. Il attendra que nous soyons tous à bord pour se livrer à une manœuvre périlleuse au bord du précipice sans aucune visibilité et avec pour seule indication des coups tapés sur la carrosserie par l’aide chauffeur selon un code qui semblait leur être propre. J’avoue n’avoir pas été très rassuré pendant cette opération. Finalement tout s’étant bien passé nous prenons la route de Katmandu dans des paysages somptueux et un changement climatique important que traduit une végétation exubérante où poussent notamment des bananiers. Montagne escarpée, rivière, cascades.
La route se fait dans une circulation par endroit très dense qui aboutit par moment à des embouteillages inextricables, personne ne voulant céder le passage. Vers 13 heures, nous nous arrêtons pour déjeuner à Dhulikhel, ville qui fait face à l’Himalaya, à une trentaine de kilomètres de Katmandu, dans un restaurant fort beau sis dans un cadre exceptionnel qui domine la vallée. L’arrivée à Katmandu se fait en fin d’après-midi dans une circulation proche de l’asphyxie.
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