15.07
Sur le site du Jokhang, s’élève le plus vieux temple du Tibet. Nous visiterons ultérieurement. Ce premier contact nous permet d’observer tout ce qui se passe autour. De nombreux pèlerins se prosternent devant le temple tandis que d’autres tournent autour en un cercle de plusieurs centaines de mètres, le Barkhor où se regroupent de nombreux commerces. La ferveur est immense et les gens tournent, tournent, tournent… tout comme les moulins à prière qu’ils ont en main et auxquels ils impriment une rotation quasi mécanique en psalmodiant des prières des heures durant. Cette piété à quelque chose d’émouvant et est portée à son paroxysme par certains d’entre eux qui font le pèlerinage en faisant trois pas, puis s’allongent à plat ventre en faisant claquer sur le sol des plaques de bois qu’ils tiennent dans les mains, puis se relèvent et font encore trois pas avant de s’allonger à nouveau et ce sur des kilomètres. Parfois plusieurs centaines.
Au cours de ces premiers instants nous allons essentiellement regarder les gens tant le dépaysement est total si bien que la fin de journée arrive et nous faisons connaissance d’une jeune femme, Diki, qui sera notre guide au cours des trois prochains jours et qui parle un français remarquable. Le complément du nom de Diki, que je n’ai pu noter en version tibétaine, signifie « le bonheur se rassemble autour de moi ». Nous aurons l’occasion de vérifier au cours des prochains jours que c’est une réalité.
La matinée du jour suivant est consacrée à la visite de l’intérieur du Jokhang. Lorsque nous parvenons de bonne heure sur la place, c’est déjà la foule. Devant le temple, dans les grands fours à fumigations, les pèlerins en guise d’offrande brûlent d’énormes quantités de genévrier et d’encens qui dégagent une fumée âcre, blanche ou noire et une forte odeur. Juste à côté, une petite construction abrite des centaines de bougies en beurre de yack à la mémoire des défunts. Avant c’était dans le Jokhang mais les risques d’incendie ont conduit à faire ces offrandes à l’extérieur.
Nous parvenons dans la bousculade la plus totale à pénétrer à l’intérieur du temple. Immédiatement à droite, un immense moulin à prière dans une salle toute petite où les pèlerins passent tout juste entre le mur et le moulin qu’ils font tourner tout en priant.
Dans le temple nous sommes plusieurs milliers et, portés par la foule, faisons le tour du monument. Les pèlerins vont (et nous avec) dans toutes les petites chapelles qui s’ouvrent tout autour du temple et touchent tout avec leurs mains, avec leur front : montants de portes, statues, et tous objets que les saints ont pu toucher. Bien entendu, ils font aussi tourner les centaines de moulins à prière qui se dressent sur leur parcours.
Dans le temple, il y a encore des milliers de bougies en beurre de yack et la fonte du beurre est elle-même stockée dans de grandes marmites à l’intérieur du temple. Il en résulte une odeur très forte qui nous incommode énormément. Et si pour cette raison, nous avons été heureux de retrouver l’air extérieur, nous avons cependant été ravis de cette visite d’un grand intérêt pour nous à la découverte d’une culture passionnante.
Musique : Audiio_AbstractAprils_Everything_EveningThoughts
Chants sacrés harmoniques des moines tibétains
Sons sacrés tibétains qui nettoient et guérissent