Profession: chroniqueur d’opinion

Опубликовано: 16 Июль 2026
на канале: Gossip Star Media
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Disparition de Philippe Tesson à l’âge de 94 ans, seigneur de la presse écrite et héros malheureux du Quotidien de Paris  Qu’est-ce qu’il aura pu nous agacer, nous irriter, nous épuiser parfois intellectuellement par ses volte-face, et nous charmer aussi, par sa culture théâtrale et son aplomb florentin !  Philippe Tesson pouvait parler de tout et de rien, d’une pièce vue la veille, d’une réforme législative indispensable, d’un remaniement imminent, d’un livre dévoré dans la nuit ou d’une combinazione comme la Vème République en a le secret. Total respect !  Ce virtuose de la prose était fait de paradoxes. A la fois usant – abusant même – de sa liberté de parole, et homme de réseaux. Anar de droite au cœur du pouvoir économique, et libéral pur sucre au milieu des poètes. Grande gueule médiatique aussi secret qu’un moine trappiste, et ami des écrivains fasciné par l’art dramatique. Une vie entièrement dédiée à l’écrit et à l’écho des mots, à la titraille et à la chronique souveraine, ça se respecte, ça se commémore.  Certains dimanches pourtant, à « L’Heure de Vérité », nous le trouvâmes successivement anti-communiste primaire, européiste convaincu, capitaliste en herbe, nous sautions sur notre canapé devant son aisance à commenter, à tancer les invités, à parader en public, tout en laissant percer dans le regard, furtivement, une tendresse écorchée qui nous le rendait plus proche, plus humain. Quelque chose de flamboyant et de malhabile dans l’expression, la marque, peut-être, des grands condottieres des salles de rédaction à la crinière blanche et au débit chantant. Ses emportements n’étaient pas feints, ses dégoûts étaient très sûrs. On ne rencontre pas si souvent dans une carrière, des patrons de presse, aussi charismatiques et énergiques, aussi possédés par l’actualité et attirés par l’exil intérieur. Un cumulard à l’aise partout  Il aura incarné une élite issue de l’après-guerre qui tend à disparaître, celles des fauves du journalisme qui avaient fait des quotidiens, de la télévision ou de la radio, leur pré-carré, leur appartement-témoin, leur lit douillet. Ces cumulards étaient partout chez eux, à l’aise dans nos intérieurs ou à la table des puissants. Nous ne connaîtrons bientôt plus cette race de seigneurs qui créait des journaux « papier » comme on escalade le K2, avec gourmandise et innocence, dans l’angoisse des bilans comptables et la joie gamine de réunir dans un