Les Rotifères, 3è partie

Опубликовано: 30 Август 2026
на канале: DelarueBioMedia
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Diversité morphologique et adaptative des rotifères.
Les rotifères rampants.

L'anatomie de certains rotifères est tellement modifiée que l'appareil rotateur a basculé ventralement pour devenir une sole de reptation, élargie en forme d'oreillette de chaque côté de la région antérieure. C'est le cas de Notommata (300µ). Ce rotifère au corps mou, rampe sur les végétaux aquatiques et le fond des mares. Le mastax est volumineux. Le contenu stomacal chlorophyllien indique un régime végétarien.
Curieux rotifère que ce Taphrocampa (120µ) habitué à ramper avec sa cuticule plissée en accordéon et son pied très court. Comme Notommata, Taphrocampa possède un appareil rotateur ventral servant de sole de reptation.

Diversité morphologique et adaptative des rotifères.
Les rotifères sessiles.

Ce sont des rotifères comme Ptygura (400µ) qui restent accrochés au substrat par leur pied grâce à leurs glandes pédieuses. Ptygura vit dans un tube qu'il a maçonné. Quelques individus ont été extraits
pour l'observation. Chez cette espèce, l'appareil rotateur est formé d'une couronne de cils unilobée. On retrouve le mastax en mouvement, la masse stomacale remplie d'algues vertes, le pied renforcé pour l'adhérence. Au pied de l'animal, il n'est pas rare de trouver des oeufs en développement.

L'appareil rotateur présente parfois des formes étonnantes comme chez Floscularia, rotifère tubicole portant un panache festonné. le fourreau est constitué d'un empilement régulier de boulettes mucilagineuses calibrées grâce à la secrétion d'une glande antérieure. Cet assemblage forme un tube cônique dans lequel vit le rotifère. De ce fourreau, l'animal sort la tête et déploie son appareil rotateur de grande taille quadrilobé.Floscularia est l'un des plus grands rotifères
puisqu'il peut dépasser le millimètre de longueur. Au fond du tube, l'animal est fixé par son pied. En haut du pied, on distingue un oeuf par transparence, la masse viscérale, Et l'appareil rotateur qui se déploie en dehors du tube.

Chez Collotheca (250µ) l'appareil rotateur évolue en une touffe de cils allongés qui balayent l'environnement pour capturer des proies de passage. Collotheca vit dans un tube aux parois transparentes, enfoui dans le feutrage végétal. Constamment en mouvement, les cils se déploient à la surface de son habitat. A la moindre alerte, l'animal se contracte rapidement dans son tube, rétractant son panache ciliaire. Le contenu stomacal montre que Collotheca est un grand consommateur d'algues vertes, comme le montre cette tentative de capture.


Diversité morphologique et adaptative des rotifères.
Les rotifères coloniaux.

L'adhérence du pied et la secrétion d'une gangue mucilagineuse peut conduire à l'assemblage de plusieurs individus entre eux comme
dans le genre Conochilus. Ainsi se forment des colonies radiaires
(1 à 3 mm de diamètre) dont les individus sont reliés par leurs extrémités pédieuses. Chaque individu est animé de mouvements
de rétraction vers le centre de la colonie puis se redéploie vers la périphérie. Un agrandissement montre les pieds en extension, la masse viscérale et l'appareil rotateur. Quelques oeufs sont également bien visibles.


Diversité morphologique et adaptative des rotifères.
Les rotifères parasites.


Grands consommateurs d'algues vertes, les rotifères peuvent même devenir parasites, notamment des volvocales. C'est le cas ici où un rotifère (Ascomorphella)s'est introduit dans une colonie de Volvox
et broute les cellules somatiques, provoquant des lacunes au sein de la colonie. Sur un agrandissement, on peut observer le prélèvement et l'ingestion d'une cellule de la colonie. Une fois installé dans son hôte,
le rotifère parasite peut y pondre un oeuf.

Les rotifères apparaissent comme un phylum riche en diversité de formes et d'adaptations à tous les milieux d'eau douce. Ils remplissent de multiples niches écologiques dans les mares.
Un même schéma originel tel que Philodina peut se décliner en diverses versions adaptées aux milieux.
Libres, sessiles, coloniaux ou parasites, leur grande
diversité est le résultat de capacités adaptatives immenses.

Scénario et images, bruits de fond campagnards : Michel Delarue
( Cette video est la propriété du service BioMedia de l'Université Pierre et Marie Curie : http://www.edu.upmc.fr/biomedia/ . Consultez nos sites de ressources en biologie : http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/ )