✍️ Portrait de Sunthai Constantini

Опубликовано: 03 Август 2026
на канале: Blaise Fevry
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Je ne peux pas dire que j’aie « choisi » la Belgique…la première fois que Mons est arrivé dans ma vie, ce fut sans prévenir, à un moment que je n’avais pas décidé.

Il faut croire que l’aventure, on l’a dans le sang : d’origine italienne, mes grands-parents étaient arrivés au Venezuela après la deuxième guerre mondiale qui avait ravagé leur pays. Cette fois-ci, c’est pour des raisons professionnelles que ma maman avait choisi de prendre la route pour la Belgique.

J’arrive donc à Mons à l’âge de 10 ans et ce que j’y trouve me laisse assurément perplexe : où sont donc passées les forêts vierges, les plages tropicales, les sérénades des grillons tous les jours de l’année ? Si je devais résumer en un terme mon ressenti, ce serait sans aucun doute le mot « gris ».

Bien sûr la chaleur humaine des Belges me permet de croquer la vie à pleines dents mais à 18 ans je plie bagages pour l’Australie, que je dévore à coup de chantiers écologiques. Je vais adorer chaque seconde : on y creusera des rigoles, on y arrachera des espèces végétales introduites, on protègera des espaces de reproduction des batraciens. En gros j’y découvrirai que « citoyenne du monde » est ma vraie identité.

Alors, je saisis chaque occasion de repartir: Erasmus à Rome, Erasmus à Prague, stages à Caracas. Je m’envole ; je tourbillonne et chaque nouvelle aventure me fait rêver.

Puis à la fin de mes études, l’Angleterre va m’apprivoiser…j’y passerai 8 ans pendant lesquels je vais finir une thèse, travailler pour la télé et adopter à tout jamais le thé avec un nuage de lait. (Du « earl grey », qui plus est.)

Mais, parce que la vie est faite d’heureux hasards, c’est une histoire d’amour qui me fera revenir au pays. Cette fois, c’est la bonne : 21 ans plus tard, j’immigre de nouveau à Mons. Intentionnellement, cette fois.

Je suis ravie car je découvre un visage nouveau à la cité du dragon: il y a ses jardins secrets, ses cachettes naturelles, mais il y a aussi évidemment de grandes amitiés !

Il faut dire que j’adore cette ville qui ne se prend pas trop au sérieux et qui pourtant est habitée de gens pleins de ferveur, de créativité et d’idées.

Maintenant, l’amour des voyages, je le partage au quotidien avec mes élèves. C’est au cours de géo que je parle de la danse du vivant qui, lorsqu’on l’observe, attentivement, nous transperce de beauté. J’y vois une sorte d’harmonie chaotique, à la fois immense et fragile, à travers laquelle nous sommes tous liés.

Alors, je ne peux pas dire que j’aie choisi la Belgique la première que j’y ai mis les pieds. Mais qu’est ce que je suis heureuse que le hasard m’ait fait atterrir dans ce petit patelin médiéval légèrement déjanté.