L'ombre nomade

Опубликовано: 08 Август 2026
на канале: Claude4268
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L’ombre nomade

Je me souviens d’une lumière qui s’infiltre vers moi
dans le matin où déferle toute l’ombre nomade du passé.

C’était un dimanche en automne dans cet espace du tout intime.
Je promenais la fumée de mes cigarettes à travers les rues de Paris.

Les couleurs étaient-elles de chair ? Ou étaient-elles d’esprit ?
Leurs cellules brillaient plus clair en automne qu’au printemps.
Mais c’était à croire qu’elles parlaient un langage étrange.

Si je me joignais à cette couleur par esprit d’aventure
et pour la remettre dans le ciel, c’était une ronde lumineuse.
Mais si rien n’avait eu lieu que le lieu, ce n’était plus une direction.

La rue de L’Estrapade était heureusement très proche de la naissance écriture
et très étroitement liée à la respiration poésie de ses nombreux graffitis.

La solution serait trouvée par des soleils de craie nocturnes.
Mais, où mènerait-elle les émotions violentes
incorporées dans ses mots de murs ?

Au pays de la poésie il pleut avant l’aurore des mots éperdus.
Désespérément, ils nous font des signes que l’on essaye de suivre
un long moment dans le noir, avec le vent qui nous entraîne
au-delà du monde chiffré étouffant de nos propres terres écrites.

Quel est donc le nom de ce gouvernement de l’homme par l’homme
qui censura le tabac, l’alcool et le sexe ?

la correspondance entre l’être-là et le fantasme
sera la part la plus belle de nos promenades adolescentes nocturnes.

Il y avait dans cette rue Sainte Croix de la Bretonnerie une obscurité lumineuse
capable de précipiter un changement de monde, mais les rêves
et les aspirations qui déambulaient ici étaient emportés de l’autre côté du ciel.
L’éclair d’amour magique qu’elle émettait était surnaturellement enveloppé
d’ors bleus par l’entrée et les déclinaisons d’un astre octaédrique.

Il aurait suffit de presque rien, peut-être un regard,
un mot ou un signe pour atteindre l’autre rive.
Le goût du merveilleux, cela seul qui importait !
Par tous les temps, sur toutes les mers,
et dans toutes les conditions d’expressivité imaginables.
Sans cesse, une urgence expressive individuelle
poussée à l’extrême côté du cœur, voire au-delà.

Nuits d’amour, ouvrez-vous, ouvrez-vous, vous dis-je ;
-aux petits matins, dans le monde le plus intense de la poésie.

C’est une main de vie qui a connu sa part d’ombre à travers l’extase.
Mais les deux doigts si profonds de cette main ne sont jamais impurs.

Une rue affamée de présence attendait dans la nuit
un silence bleu éphémèrement rencontré dans l’autre galaxie.
Ou peut-être un visage intérieur à mettre au monde.
Un visage qui ne se voit pas de l’extérieur.
Un visage de l’intérieur semblable à la lumière de l’instant
qui peut devenir une forêt de mots qui respire
frileusement blottie entre la rue Crémieux
et le square des Peupliers.

Place au noir et blanc pour peindre les destinations rêvées
qui vivent dans d’autres couleurs inatteignables.

J’aime la blancheur de l’espace pour sa grande stupeur du noir et du nu.

Il y a encore du désir, un désir désespérément romantique
dans les crépuscules de ses traits.

Il est sans cesse répété au-dedans de moi-même,
qu’une étoile n’oublie jamais une île qui est restée
dans sa lumière aussi longtemps.

La solitude créatrice de l’enfance est en moi,
mais seulement par instants, par voltiges de couleurs-odeurs.

Je ne sais probablement rien de la liberté d’un mot d’aurore.
Mais je crois que sa respiration dans le cosmos existe,
même si je ne la respire qu’à travers l’ombre de l’ombre.

Je retiendrai surtout qu’il s’agissait d’un visage paysage
dessiné par quelques vieilles Déesses-Mères ressuscitées.

Un visage d’une autre planète, d’une autre galaxie
pris entre l’ombre bleue de la Terre et le noir absolu intersidéral.

Et je me dis aussitôt que les ciels d’hiver sont infiniment
plus porteurs à la lumière que les ciels d’été.

Entre les deux, il y a la venue à l’être de l’indéfiniment sauvage,
lorsque les îles et les terres étaient les passagères
d’un océan noir informe et imprévisible.

Je déteste la lumière sortie de l’ombre dûment codifiée
par de redoutables distributeurs d’apparence d’être.

C’est pourquoi la naissance institutionnelle me fait physiquement horreur
puisqu’elle me dégoûte de ce que je pourrais aimer.

Le cheminement vers l’Autre, un autre temps peut-être …

Text/Photography : Claude4268
Music by YouTube Audio Library
Title : The Fast and The Curious
Artist : Ezra Lipp