L'invention du passage

Опубликовано: 14 Август 2026
на канале: Claude4268
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L’invention du passage

Le passé existe encore ! Prélude à l’harmonie native des regards.

Les rues de cette ville filent en ligne directe
vers le lieu de passage des rêves.
Je suis les traces, aussi fébrile qu’elles,
pour atteindre un abri, une caverne
ou une niche brûlante de soleil.

On me dit qu’exister est un acte et non un rêve,
que tout est né, que tout existe déjà.

Il faudrait à la fois rester un unique et vivre comme les autres.
Est-ce possible ? S’entendre de dedans le cosmos et vivre et inventer ?

Trop de fois, j’ai perdu le point de fusion, prêt à accepter
l’univers de jouissance des matériaux qui ne doit pas me prendre.
Mieux vaut assurément prendre la fuite devant le monde sans l’Autre
vers une voie adjacente que de s’installer en sédentaire
dans le conditionnement logique d’autrui.

Il manque des espaces blancs pour faire silence.

L’épopée de la forme se heurte à un univers indéchiffrable dans lequel
la liberté intérieure est sans cesse piétinée par le monde environnant.

Il me semble soudain ressentir dans mes respirations
une naissance écriture qui m’avait échappé.

L’exploration nocturne de l’univers intérieur est plus fraîche, plus pure.
Et je comprends immédiatement que le noir est la couleur des origines,
des commencements et la première vibration bleue des mots et des blancs.
Et je me dis aussitôt : plus le ciel noir des mots prend et tient contre son cœur
la mer blanche des images, plus l’image blanche de celle qui vient,
de celle qui arrive emplit la vague clarté et le vent.

Qu’en est-il cependant des escales de l’invisible
que la divinité de l’air Ehecàtl séduisait pour ainsi dire sans le vouloir
par le seul attrait de ses couloirs de vent ?

Je te regarde et te respire sentimentalement comme une efflorescence
sur le sable neuf de la plage attentif à la courbe nouvelle de la vague.

Des vols d’instants cerclent le miroitement des reflets,
afin que les étoiles s’en souviennent.

Les fréquents déplacements de la lumière à l’intérieur de l’ombre renforcent
cette impression de clair-obscur et font de ce vaste espace un atelier de l’âme.

C’est ainsi qu’est née la Terre sous l’effet du jeu des ombres et de la lumière.

Que sait-on de cet émouvant retour au lieu de l’émergence ?

La lumière s’est extirpée de toute l’ombre
de la chair engourdie entre les jambes toujours ouvertes.

Le cri primitif de la naissance !

Je voudrais en parler merveilleusement, mais ce qui se déroule
devant mes yeux est modelé par les ombres profondes de mes rêves.

Que se passe-t-il quand une grotte-ventre s’ouvre et s’éclaire en quelques secondes ?

Quel est ce moment merveilleux où l’on quitte le petit chemin sombre de la lumière
pour prendre une piste ascendante, et où l’on change soudain de monde ?

La vie est issue du rêve, lui-même issu de la vie et ainsi de suite.

Oh ! Trop de longues rues à parcourir.

La porte de la cité n’est pas seulement un lieu géographique,
elle est d’abord une dimension de l’être.

Le visage de l’image nouvelle qu’elle emporte est celui d’une promesse.

Patience … Il n’y a pas un lieu de la naissance, mais plusieurs.

Dans cette lumière, je vois des lumières qui ouvrent les yeux,
qui ouvrent aussi les paupières derrière les yeux.

Je vois une infinité de mondes, de regards, de langages
qui passent de ciels en ciels, traversant tous les éons de l’univers divin et secret.

La présence vraie de la nuit n’est pas dans le silence de l’ombre,
mais dans la région première de la couleur bleue la plus sensible.

En deçà ou en delà des éclats liquides de la nuit,
le cœur est décidément fait pour l’instant réel hors de la durée.

J’entrai dans ce pub, rue Gay Lussac, aussitôt je perçu au-delà des regards,
mon propre voyage immobile, sans que la chaleur de ma liberté intervint
dans la profondeur de leur sourire.

L’invisible est un clin d’œil du divin.

Dès la sortie du sexe maternel, le créé et l’incréé se réfléchissent, se correspondent.

Enfance est le nom d’un pays de la Terre pure.

Sa forme est celle d’une île-corps
en harmonie avec les parallèles des vagues.

C’est une île aussi qui a souvent quitté la mer
pour courir d’autres ciels dans le Ciel
qui, objectivement, n’aboutiront pas.

Derrière les yeux de la mer, il y a la préférence désespérée pour les instants.

Notre condition natale itinérante est liée à la nostalgie de la région des sources.

On vit avec, on en guérit ou on en meurt.

L’air libre de la nuit se perd à chaque instant dans la chevelure de la mer.

Mais je ne crois pas à l’épaisseur de l’ombre immobile.

Le chemin languissant des îles est un chemin d’éveil
difficile et trouble vers les instants secrets de la mer.

Text/photograhy : Claude4268
Music by YouTube Audio library
Title : Milky Way
Artist : Ramzoid