Le portail invisible

Опубликовано: 08 Август 2026
на канале: Claude4268
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Le portail invisible

Il y a des milliers de grottes sur l’île ; en d’autres mots,
une île est une séquence de sources innombrables.

Tout cela ne peut être fixé dans le vide blessant de l’utilité immédiate
et échappe au temps infiniment douloureux du vécu quotidien.

Une île sœur, on la garde sur soi, protégée par un matin d’été
naïf et confiant comme une fleur sur le sable d’Israël.

Je n’ai d’yeux que pour l’expression, le rythme et la dynamique
des bras et des visages, même si leur union n’a duré qu’un bref été,
même et surtout si des épaules et des hanches réapparaissent contre toute attente.

Il y a beaucoup de pays dans le pays de la mémoire.
Les ailleurs intérieurs sont tellement nombreux.

C’est le cœur de l’âme avant la naissance d’Israël qu’on entend battre ici
pour y glisser des soifs de découvertes et d’explorations.

Qu’importe l’heure effective du lieu où l’on se trouve.
L’autre grand instant est au milieu de nous et il est intérieur.
C’est aussi la preuve que la communication fusionnelle existe,
se propage et a toute sa vérité en Art.

Car nous ne sommes que par le lieu du regard intérieur et avec le lieu du regard intérieur.

Regards et gestes dissimulés
derrière l’attention constante
de la lumière imprévisible, secrète.

L’île secrète et personnelle que chacun porte en soi
traverse une succession de mondes inconnus.

Telle est la source d’enchantement de l’être, de la vie.

L’entrée dans la vie tient aux yeux et au cœur d’une existence céleste.

Hélas ! le cri primitif de la naissance se heurte
à un paysage désolé qui se dessine toujours à l’extérieur.

Comment savoir jamais si l’on a compris un matin de pure lumière ?

Tout ici est artificiel, industriel, moderne.

Les formes finies sont des formes arrêtées.
Est-ce à dire que l’apparence est une fiction ?

Qu’est-ce que je vois ?

Si je regarde au ralenti, je n’instaure rien en moi-même.

Par chance, l’invisible qui se déverse dans le visible
est un soleil intérieur qui éclaire tout.

Ah ! Le passé affleure dans le cœur.
Mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Le goût mauvais des secrets honteux ou douloureux
se mêle à la course finale de la main de chair
contre les ruptures du regard qui ne peuvent
que finir tragiquement.

L’interruption du rêve donne naissance à l’univers de la faute.

Seule solution devant cette imposture : sculpter, écrire ou peindre
sur les murs de nos appartements le pays de nos fantasmes.

Chaque individu a son chemin de rêve et son type d’amour.

Les convulsions de l’histoire d’où l’on vient
permettent à chacun de sortir de ses émotions,
s’il le désire, comme du fond d’un antique paysage aux sourires.

Tandis que la tendre Galilée émerge
au sein d’une nouvelle promesse d’aventure,
le mont de la Transfiguration s’invite
à une nouvelle lecture de l’universel par le particulier.

L’ordre ou l’amour de Dieu ?

Il faut changer impérativement de Dieu.

Tout est glacé. Le primitif a disparu.
Le berceau se fissure et glisse vers le normalisé.

Entendez-vous le silence immobile des eaux bleues de la mer Morte ?

Et pourtant le désert de Judée n’est pas absent du monde.

Il y a lutte entre la figure mythique d’un Ciel absolu
et une invitation au baptême dans les eaux voisines du Jourdain.

Un seul Dieu en trois personnes dialogue avec lui-même
par d’autres voies souvent impressionnantes.

C’est ainsi que l’invoque le fils de l’homme,
ainsi qu’il ne sait par quel bout prendre cette création
dans laquelle le fils de Dieu s’incorpore.

Alors, qu’est-ce qu’il y a de vrai ?

J’entends la voix hésitante d’un Dieu
à visage humain, ou d’un ami dans l’homme.


Texte poème, Photographie, Sculpture : Claude4268
Musique par YouTube Audio Library
Titre : Lake Jupiter
Artiste : John Patitucci