L'appel des sensations

Опубликовано: 16 Июль 2026
на канале: Claude4268
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L’appel des sensations

Les mots du poème se dirigent à travers les brumes du rêve
vers la seule couleur de terre qui brille comme une couleur de lumière.

Ils émergent du passé et je continue de glisser dans des intervalles
qui me collent au corps et me crient à l’oreille l’argent bleu
d’une séquence de temps mêlés.

Ce qui signifie qu’ils ressortent déjà sous forme sensitive,
comme en une libre circulation dans le corps.

Tout se déplace lentement vers une sorte d’entre-temps,
ou plutôt dans une superposition de temps parallèles.

C’est bien ce qui inquiète l’eau amniotique du poème,
et c’est pourquoi toutes les imaginations poétiques ne sont pas faites
pour une affirmation absolue de l’Aventure.

L’interaction de voies multiples a fait de l’espace où l’on crée quelque chose de sacré.

Commençons par la région où vivre un accord total
entre la surface vagabonde du ciel et l’appel des sensations.

Au sommet d’un nuage s’est allumée une maison ronde
comme un sourire de lumière étonnement tendre et doux.

En regardant plus attentivement, je vois le reflet d’un visage dans la vitre du ciel.

Et c’est bien ce bleu du visage qu’il fallait pour donner, au moins en apparence,
une quête au départ furtif vers l’immatériel dans la matière.

Il fallait aussi lui trouver des formes nouvelles, ivres de divin dans l’espace
et d’amoureuses beautés nues, avant qu’elles ne s’aperçoivent de l’avancée en âge.

Mais un étrange dessin commence à se former dans le nuage.

Ce que j’ai sorti de l’ombre des images cachées a quelque chose
qui ressemble à une longue quête d’un jardin hypothétique
que je ne retrouverai jamais.

Et pourtant, le développement du rêve veut expressément
partir le matin au hasard des lieux et des images d’un monde errant.

La vieillesse n’est-elle qu’une pâle lumière et la maladie, une pluie de pleurs ?

Ce qui n’empêche pas l’amour et/ou son absence.

Qu’ai-je cherché jusqu’ici dans les sensations, sinon ce lien
qui unit la liberté, la solitude à l’ombre passagère.

Il faut saisir la lumière de l’instant à son point d’existence le plus étrangement indéfini.

Tout près de là, l’œil intérieur du regard court à sa fenêtre des songes.

Et tout peut être changé de ce que nous sommes et faisons.

Ou bien c’est à désespérer de tout.

Les hantises nocturnes jaillissent des murs et agrippent les amours timides.

Le monde des deux extrêmes s’affronte.

Le fantasme et l’image sont eux-mêmes tiraillés entre deux pôles.

Et pourtant l’un est l’autre dans un mouvement obsessionnel de va-et-vient.

Toutefois le rêve n’a laissé derrière lui aucune route concrète.

Qu’ai-je à attendre d’un hypothétique voyage vers le passé d’abord,
et puis l’autre, d’écriture et de poésie.

Quelles libertés peuvent avoir des mots et des images ?

La transfiguration du réel ne s’applique qu’à un autre premier commencement.

C’est une étrange sensation.

Pour revoir le pays où nous nous sommes aimés d’enfance,
il faut faire à nouveau l’ascension du poème.

Si tu ne sais pas monter à moto, je t’apprendrai ce que je sais de ce jeu sensuel.

Les villes où nous serons de passage s’enivreront de cette belle couleur des voluptés.

Sensations, sensations, partout et toujours des sensations.

Serrée entre les genoux, la moto, comme une jeune femme.

Ce qu’elle veut c’est que l’émerveillement, l’étonnement d’être avec elle
recommence tout, recommence la vie.

Va-t-elle tenter d’aller jusqu’au bout d’elle-même ?

Mais c’est compter sans l’inattention au bout de cette longue courbe.

L’aurore ne sourit plus et les ombres grandissent.

Heureusement, elle a une bonne étoile.

Je retourne dans le port tranquille de ses bras.

L’île d’enfance, d’un seul coup, possède une réalité.

Un espace de merveilleux proche de l’invisible Amour,
où ma langue doucement se promène dans l’humide et le noir,
pour révéler la très très rouge et secrète blessure profonde de l’être.

Text/Photography : Claude4268
Music by YouTube Audio library
Title : Horror Bass Choir
Artist : John Patitucci