La rencontre des imaginaires
Les chemins dans la nuit s’efforcent de cerner des lumières intelligentes.
Nous vivons en même temps dans des mondes matériels
et immatériels, parce que certaines formes de la nuit veulent s’unir
et leur rapprochement produit un aspect d’infini matérialisé.
Mais comment expliquer la présence d’un être réel
et caché derrière le matériel brut ?
Comment donner un sens à l’indéfini ou à l’inexprimé ?
La présence ombreuse des dieux au pays des hommes
échappe à ce qui ne s’est jamais définit autrement
que par le reconnaissable.
D’ailleurs les pensées des étrangers de l’espace ne se voient pas.
Ce ciel de nuit est l’expression d’un chant intérieur
que nul habitant de la terre ne peut enfermer
dans une représentation finie.
Il n’y a ici que des déplacements de l’ombre
qu’une source souterraine absorbe dans le bleu de la nuit.
Quelle issue pour la matière mystérieuse en elle-même ?
Elle sait pourtant qu’elle est le territoire de tous les possibles.
Mais, car il y a toujours un mais …
Jusqu’où les îles en fuite peuvent-elles aller ?
Que faire ? Faut-il sentir le lumineux et l’irréel
pour apprendre vite à connaître les fiancées de la nuit ?
La métamorphose au-dedans de nous
de l’île en étoile est toujours une promesse
d’aventure dans des paysages invinciblement démesurés.
Une grappe d’îles accrochées au corps de la mer
trace une voie spirituelle qui prend naissance
dans la chaleur inspirée et inspirante de la nuit.
Mais les portes du ciel et des ciels ne sont-elles pas plus dangereuses ?
Nous venons de la lumière, et la question obsédante
dans toutes les escales de l’invisible est : où donc se trouve
le point fixe où se meuvent l’ombre et la matière ?
L’idée obsédante de la rencontre des imaginaires
a tracé de grandes lignes de fièvre.
Dans tout ce qui ne sait pas par où commencer,
il y a un poème-quête qui prend son point de départ
dans un lieu, un quelque part …
Le brouillard lui-même est architecture vaporeuse de formes en liberté.
Ce qu’il cherche, c’est le bruit de nos pas.
L’apparition du visage de l’image nouvelle est la marque essentielle de la matière.
Des lors la présence du divin se réveille en elle et en fait une matière spiritualisée.
Le langage le plus beau de l’être
n’est ni blanc ni noir, mais mi-noir mi-blanc.
La lumière et l’absence de lumière vont ensemble.
Tout est en un.
Donc rien n’est loin, le loin n’existe pas.
L’imaginaire s’incorpore au réel
et le réel s’accomplit dans l’imaginaire
par le truchement de l’attente silencieuse
d’une lumière au milieu des ombres de la nuit.
La surface de l’eau immobile est un incontournable de l’invisiblement visible.
Text/photography : claude4268
Music by YouTube audio Library
Title : Final transmission
Artist : I think I can help you